Kimpex présente : Patrick Trahan

Publié Par Dave Bélanger le 29, May 2019
Dave Bélanger

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 Bien connu dans le monde du Rallye à moto, KimpexNews a eu la chance de s’entretenir avec Patrick Trahan. Il n’y a pas de doute, Patrick est un marginal qui vit sa passion à fond. Voici une partie de son histoire. Une partie oui, parce que des histoires il n’en manque pas.

 

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Quand j’étais jeune, le sport mécanique n’a jamais vraiment fait partie de ma vie. On était une famille de sportif, oui, mais nous notre sport, c’était le ski. J’avais seulement mon petit voisin qui avait une moto et plein de bébelles pis je tripais ben raide à le voir aller.

Je n’ai jamais eu la chance de toucher à ça de plus proche dans ma jeunesse et c’est resté comme ça jusqu’à l’âge de 15 ans. J’étais dans un camp de ski en Europe et, à notre retour à l’aéroport, j’ai vu un homme habiller en moto de la tête au pied. Dans ces années-là, les vêtements de moto étaient faits tout en cuire, tsé c’était dur pour lui de passer inaperçu.

Par pur hasard, il s’assoit à côté de nous. Un peu curieux, on lui demande pourquoi il était habillé comme ça et c’est là qu’il nous dit qu’il revenait du Rallye Dakar. OK, ouin, je n’avais jamais entendu parler de tsa mais ça m’intéressait son histoire.

Une chose dont je me souviens encore très bien aujourd’hui c’était l’intensité et la passion qu’il avait dans ses yeux. On le voyait qu’il était fier, mais c’est là qu’il nous dit qu’il a abandonné. Abandonner avec un grand sourire ? Je ne comprenais pas.

 

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En revenant à la maison, je suis tombé sur une émission qui parlait justement du Dakar. J’ai tout compris ce que le monsieur de l’aéroport essayait de nous expliquer. C’est à ce moment précis la que j’ai eu la piqure. Bien beau, mais je n’avais pas plus une moto et j’étais rendu à un certain niveau de compétition élevé dans le ski donc tous lâché devenais plus difficile. Avec les études à l’université en plus, rien n’était de mon bord pour que je commence la moto. J’me suis quand même promis qu’un jour, j’allais le faire le rallye de Dakar.

 

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Fast foward quand j’avais environ 30 ans, j’avais assez attendu. C’était le temps. En 1998, j’ai finalement acheté ma première moto. Tant qu’à concrétiser mes rêves, je me suis aussi inscrit à mon premier rallye, le Rallye de l’Atlas au Maroc. Je suis parti là avec zéro expérience et une moto qui n’était vraiment pas adaptée à ce que je voulais faire. Je n’avais pas vraiment de connaissance là-dedans et je me suis basé sur le look ce qui m’a amené à … un KLR 650. Pas d’expérience de moto, une moto qui ne fit pas avec le terrain, pas de road book, ça partait mal mon affaire, mais ça, je l’ai su juste une fois avoir fini le rallye. J’ai terminé de peine et de misère, mais j’ai terminé.

 

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L’année d’après, pour continuer ma folie je me suis inscrit à mon premier rallye Dakar. Lui je ne l’ai pas terminé. Une seule journée pour moi c’était déjà trop. Ça l’a vraiment été dur sur mon moral. Une semaine plus tard, je me préparais déjà pour y retourner pour l’année d’après. Celui-là non plus je ne l’ai pas fini, mauvaise préparation et quelques autres facteurs. Après deux ans d’affiler à pas terminé j’ai commencé à me faire laissé de côté par mes commanditaires et de la visibilité.

C’était le temps pour me remettre en question, mais je n’ai quand même pas arrêté de faire des rallyes, en tk, plus de Dakar pour l’instant. J’avais de la misère parce que je n’avais pas encore accepté comment j’étais. Je suis un peu bizarre pis je n’avais pas accepté ça. Tout le monde me disait, trouve-toi une job comme tout le monde pis après tu te payeras des voyages.

 

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C’est dans ces temps là que j’ai eu mon accident de moto en Afrique. Un face à face avec un camion qui m’a couté plus de 16 fractures. La première seconde que j’ai pu embarquer sur ma moto, la musique était repartie. 

Ça m’a pris 10 ans avant de retourner au Dakar. Ma vie était plus stable et je savais ben plus ou je m’enlignais. J’avais plus d’expérience à moto et aussi beaucoup plus de préparation. Quand je suis parti en 2010 on était 5 Canadiens et je suis le seul à finir.

 

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Pour revenir dans notre beau coin du Québec, j’ai repris il y a deux ans le rallye de parent. J’ai assisté la première fois au rallye de parent en ’98, juste après mon épisode au Maroc avec mon KLR. J’arrive là avec l’idée que c’était dans le même style qu’au Maroc, avec les road book que maintenant je connaissais. Ce n’était vraiment pas ça… Ça ressemblait à un rallye de canette avec un trou de bouette pis d’autre niaiserie. C’est dans cette optique-là que j’ai repris la déception que j’ai eu cette année là pis je l’ai appliqué à l’événement quand j’ai repris l’organisation. C’est rendu un évènement clean avec un vrai départ et un trajet au road book. J’ai maintenant aussi le même principe en hiver avec le Challenge Blanc. Un rallye, mais en motoneige. Ça casse le rythme des saisons, disons.

Pour le futur, j’ai un projet de faire un autre rallye en Islande. C’est beaucoup de préparation, mais j’aime ça les défis, c’est ce qui m’allume, à suivre.

 

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